Dans le cadre d’une exhumation réalisée dans un contexte criminel, le corps avait séjourné plusieurs mois en terre avant d’être conservé dans une morgue, puis soumis à autopsie. Nous avons été surpris de découvrir une quantité importante de liquide dans le cercueil qui, au regard du volume constaté, ne correspondait visiblement pas à des fluides de putréfaction. L’analyse des différents cycles de conservation du corps a conduit à privilégier l’hypothèse d’un ruissellement hydrique à travers les altérations du cercueil en bois.

Lors d’une autre autopsie portant sur une dépouille en état de putréfaction très avancée et particulièrement altérée par les phénomènes naturels, nous avons découvert, au sein des restes, un nid vraisemblablement aménagé par des rongeurs (probablement un rat, au regard du lieu de découverte du corps). L’animal lui-même n’a pas été retrouvé, mais les éléments caractéristiques de la création d’une tanière au sein de ce qui restait du corps étaient manifestes…

Dans le cadre d’une exhumation judiciaire, le magistrat avait requis ma présence pendant l’intégralité des opérations d’excavation du corps, c’est-à-dire l’extraction du cercueil de son caveau avant acheminement à la morgue et autopsie.

Ce jour-là, les conditions météorologiques étaient défavorables. Nous avons attendu environ deux heures sous la pluie que l’ensemble des intervenants soient réunis, puis encore une heure et demie pour que le corps soit extrait du caveau, au terme d’une opération logistiquement complexe ayant nécessité de la main-d’œuvre et un appareillage spécifique.

Une fois le cercueil sorti, aucune intervention n’a été réalisée sur place : le cercueil a été directement acheminé à la morgue. Au total, nous avons consacré cinq heures à cette opération, sous une pluie battante, sans qu’aucun examen du corps ne soit effectué sur site, et donc sans réelle plus-value sur le plan médical ou médico-légal !